Article du mois de Mars

Les principales caractéristiques de la MÉDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

Concept holistique
En Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), l’accent est mis sur l’intégralité du corps et sur les rapports que ce dernier entretient avec le monde de la nature. Le corps est un tout organique dont les fonctions sont reliées les unes aux autres. Il existe un lien étroit entre le corps et son milieu ambiant. En effet, le corps voit à ses activités normales en s’adaptant au milieu dans lequel il évolue. Le concept holistique en question consiste à refondre le milieu ambiant afin que le corps puisse conserver son intégrité. Ce concept est présent dans la pensée ancienne du matérialisme et de la dialectique (pensée chinoise), en même temps qu’il est omniprésent dans la physiologie, la pathologie, le diagnostic, l’identification des syndromes et le traitement des maladies.

Le corps est un tout intégré
Le corps est constitué d’un certain nombre de viscères, entrailles, tissus et organes dotés de fonctions diverses. Ces fonctions sont liées les unes aux autres afin d’assurer le maintien de l’harmonie au sein des activités physiologiques. Cette intégrité du corps est assurée par les cinq viscères Yin dans son centre. Ces viscères sont associées aux entrailles Yang et aux méridiens qui appartiennent à l’interne aux viscères et qui relient l’interne à l’externe par le biais des membres. Les cinq organes Yin (viscères) constituent les cinq systèmes du corps et comprennent tous les organes du corps. C’est ainsi que les cinq viscères Yin étant au centre, tous les tissus du corps et tous les organes sont reliés entre eux, entre autres les six entrailles Yang, les cinq tissus, les cinq organes des sens, les neuf ouvertures, les membres, les os, etc., par le système des méridiens qui assurent leur fonction respective.

Grâce à ce concept holistique où tout est lié, la MTC considère que l’activité physiologique normale dépend des divers viscères et tissus ainsi que de leurs fonctions. Elle dépend aussi de la coordination et de l’équilibre de chaque viscère pour que l’équilibre physiologique soit maintenu.

Le système des méridiens assure un lien global dans le corps car il relie entre eux méridiens, viscères, entrailles, corps, organes des sens et les neuf ouvertures pour en faire un tout intégré. La théorie du Qi du sang et des fluides corporels, ainsi que celle de l’unité corps-esprit, viennent corroborer le fait que les fonctions et la structure du corps ne font qu’un. Ce concept holistique est également présent dans des théories telles que celle qui veut que « le Yin fleurit en douceur et que le Yang est constamment en action ». Ceci veut dire que la transformation et l’interaction du Yin et du Yang assurent un équilibre cinétique qui est la condition fondamentale à une activité physiologique. La dispersion des excès extrêmes et l’interaction des viscères assurent la vitalité et l’équilibre cinétique. Dans l’optique de la MTC, ces concepts sont essentiels à la physiologie.

Lors de l’analyse de la pathogénèse d’une maladie ou d’un syndrome, la MTC part tout d’abord du corps et des symptômes causés par des processus locaux. Elle tient aussi compte non seulement des changements pathologiques locaux, des zang-fu et des méridiens associés directement à la maladie, mais également de l’impact que le viscère et le méridien touchés ont sur les autres viscères et méridiens.

Les changements pathologiques se produisant dans une zone restreinte sont en général reliés à la hausse et à la baisse des zang-fu (viscères), du Qi (énergie vitale), du sang ainsi que du Yin et du Yang du corps tout entier. Parce que les divers viscères, entrailles, tissus et organes sont liés entre eux, cela permet de comprendre le processus des viscères par les changements externes qui s’opèrent au niveau des cinq organes des sens, de la forme du corps, de la couleur de la peau, du pouls, etc. Grâce à ces observations externes, on peut établir le bon diagnostic et choisir le bon traitement. Étant donné que le xu (déficience) et le shi (excès) des viscères, la hausse et la baisse du qi et du sang, ainsi que la déficience et l’excès peuvent être reflétés par la langue, on peut déterminer l’état d’un viscère par l’observation de la langue.

Vu que le corps est un tout organique, on ne peut prendre les mesures appropriées que si l’on considère en premier lieu le corps dans son intégralité et en traitant aussi les changements pathologiques locaux. Par exemple, la langue est la porte du cœur. Et le cœur est étroitement relié au petit intestin. Par conséquent, une bouche et une langue enflammées peuvent être traitées en purifiant le cœur et en purgeant le feu (chaleur) pernicieux du petit intestin.

Homme et nature ne font qu’un

Vu que l’homme vit dans le monde de la nature, les changements du milieu ambiant ont un impact sur le corps humain.

Influence du temps et des saisons sur la santé. Le printemps correspond à l’élément du bois et à la température tiède. L’été correspond au feu et à la température chaude. La fin de l’été correspond à la terre et à la température humide. L’automne correspond au métal et à la température sèche et fraîche. L’hiver correspond à l’eau et à la température froide. Par conséquent, le printemps tiède, l’été chaud, la fin de l’été humide, l’automne sec et l’hiver froid représentent en général un cycle dans une année. Subissant l’influence d’un tel cycle, un organisme s’adapte à ces changements : germination au printemps, croissance en été, changement à la fin de l’été, récolte en automne et entreposage en hiver. Les pouls changent selon les saisons. Par exemple, au printemps et en été, le pouls sera flottant et marqué, alors qu’il sera plutôt profond et effacé en automne et en hiver. Ces changements au niveau des pouls reflètent l’adaptabilité du qi et du sang quand le corps est soumis à des changements climatiques.

Influence du matin et du soir, du jour et de la nuit.
Le corps doit également s’adapter aux changements de Yin et de Yang entre
le matin et le soir, et le jour et la nuit. Le qi Yang se retrouve en général dans les parties superficielles du corps le matin et dans les parties profondes du corps le soir. Ceci reflète l’adaptabilité des activités du corps aux changements naturels de Yin et de Yang ambiants. Donc, le milieu ambiant ainsi que le style de vie ont un impact sur le corps. Par exemple, vu qu’il fait chaud et humide dans la région méridionale de la rivière de Changjiang, le lien entre le muscle et la peau est lâche. Étant donné qu’il fait froid et sec dans le nord de la Chine, ce même lien est serré. Lorsque les gens changent brusquement de milieu de vie, ils éprouvent une sensation de difficulté d’adaptation à leur nouveau milieu de vie. Cette adaptation pourra cependant se faire graduellement avec le temps.

Selon la MTC, l’homme peut non seulement s’adapter à la nature, mais la mettre à contribution pour améliorer sa santé et réduire les maladies. Par exemple, il peut faire davantage d’exercice physique pour ne pas être affecté par le froid ou vivre dans un lieu ombragé et frais afin d’éviter la chaleur. Et ainsi de suite.

Mais, parfois, les changements climatiques sont néfastes à l’organisme, parce que la capacité d’adaptation de l’humain au milieu ambiant est limitée. Si le changement climatique est rapide et excède les capacités de régulation du corps ou que les fonctions deviennent anormales, le corps ne pourra pas s’adapter au changement naturel de climat ou de temps. Et de ce fait, il y a inévitablement maladie. Vu que chaque saison a ses propres caractéristiques, certaines maladies épidémiques saisonnières apparaîtront en plus des maladies habituelles. Par exemple, au printemps on assiste à de nombreux saignements de nez (épistaxis); en été, à des affections hypochondriaques et de la poitrine; en automne à la malaria du vent et en hiver, au syndrome bìjue. De plus, certaines maladies chroniques peuvent apparaître ou s’aggraver quand le temps change rapidement ou quand les saisons changent (syndrome bi, asthme, etc.)

Une maladie est également influencée par les moments de la journée. La plupart des maladies les plus communes sont atténuées durant la journée mais plus intenses le soir venu. Pourquoi? Parce que la génération, la montée, la contraction et le maintien du qi yang dans le corps se font respectivement le matin, à midi, le soir et la nuit. Par conséquent, la maladie est absente le matin, n’attaque pas le corps à midi, commence à attaquer le corps le soir et s’aggrave durant la nuit.

L’humain et la nature sont donc absolument liés. Le traitement d’une maladie selon le milieu ambiant et la personne est un fondement thérapeutique important en MTC. Il faut donc s’attarder aux liens qui existent entre les milieu ambiant et le corps afin de pouvoir trouver le traitement qui sera efficace (bianzheng et lunzhi, ce qui veut dire planifier le traitement en fonction du diagnostic).